mercredi 13 février 2013

Travail social et multiculturalité

Pour une approche interculturelle en travail social

Auteur(s): Margalit Cohen-Emerique -
éd. Presses de l’Ehesp, 2011 (475 p. ; 30 €)

Trouver et ouvrir la porte de l'Autre !

 Véritable manuel de l’intervention sociale interculturelle, l’ouvrage de Margalit Cohen-Emerique s’abreuve aux meilleures sources théoriques et pratiques. L’auteure nous propose une méthodologie solidement argumentée qui devrait devenir une véritable référence pour tout professionnel confronté à un public d’origine étrangère. C’est que les besoins en la matière sont criants, tant la formation initiale que continue restent pauvres en la matière. Les travailleurs sociaux ne sont ni formés, ni préparés, ni armés pour faire face aux populations immigrées.

L’auteure pose d’abord le socle de sa démonstration, en rappelant que la rencontre entre des personnes d’enracinement culturel différent ne peut être l’objet que de tensions et de conflits, car chacun évalue l’autre en privilégiant son propre système de valeurs. Les préjugés, les stéréotypes et les amalgames que tous les peuples développent à l’égard des ethnies voisines, sont le résultat de cette tendance spontanée à limiter l’altérité à une représentation simplificatrice, réductrice et figée. Ils imprègnent les différents modèles d’insertion existants. Il y a d’abord l’assimilation qui revendique l’identification totale à la culture dominante, avec son corollaire : l’abandon de l’héritage d’origine.

Le multiculturalisme propose, quant à lui, la cohabitation des différentes communautés sur un pied d’égalité.

mercredi 6 février 2013

Enseigner le fait religieux : un jeu d'enfants


Quel est le point commun entre des cartes, un patchwork, des dessins et un jeu de l'oie ? Ils peuvent tous servir à apprendre les fondements du judaïsme, du christianisme et de l'islam aux 5-11 ans en s'amusant. C'est Marine Quenin qui a eu l'idée de ce type d'atelier en écoutant sa fille de 8 ans lui parler des « vacances de la Poussin » !

Déconstruire les stéréotypes par le jeu

A partir de là, Marine Quenin s'est penchée sur les programmes scolaires. Le fait religieux n'y est abordé que de manière parcellaire, à  travers l'étude de tableaux ou de périodes de l'histoire. Elle imagine alors deux outils : des ateliers extrascolaires et un jeu de cartes pour les enseignants. Ces deux facettes du projet permettent d'expliquer aux enfants quels sont les fondements des grands monothéismes et ce qu'est la laïcité à partir de situations concrètes : la nourriture, les symboles religieux, les grandes figures de la Bible et du Coran , etc.

Ces explications du quotidien permettent également aux animateurs de l'association « Enquête » de déconstruire les stéréotypes du type « arabe = musulman » ou « européen = chrétien ».

Pour lire la suite et avoir plus d'infos :
http://fait-religieux.com/societe/education_1/2013/02/20/enseigner_le_fait_religieux_un_jeu_d_enfants_

vendredi 1 février 2013

Voltaire anti-religieux ?

Voltaire, le retour


Une pièce méconnue où Voltaire dénonce l'islam et SURTOUT les monothéismes.


La pièce la plus politique - et la plus polémique - de Voltaire pourrait-elle encore être jouée en 2013 ? Rien n'est moins sûr, hélas ! Le fanatisme ou Mahomet le prophète est une charge contre l'islam et, plus largement, contre toute religion monothéiste. La troublante actualité de cette pièce, écrite en 1741, offre l'occasion de redécouvrir le théâtre de Voltaire, libre, caustique, engagé.

Voltaire ne prétendit jamais faire œuvre d'historien ; il se savait tragédien.
Au cœur de sa pièce, l'affrontement entre Mahomet et le vieux Zopire, shérif de La Mecque, dont les deux enfants furent enlevés, jadis, par son ennemi. Or, Zopire tient captifs deux esclaves du Prophète, Séide et Palmyre, ignorant qu'ils sont, en réalité, ses propres enfants... Cet argument - l'échange des enfants à l'insu d'un père prêt à venger leur absence - est l'un des ressorts les plus classiques de la tragédie, depuis Eschyle jusqu'à Verdi. Il est ici prétexte à un face-à-face philosophique entre Mahomet et Zopire. Mahomet, qui assiège La Mecque, donne le choix à Zopire: revoir les siens ou défendre sa patrie. Zopire, vieillard inexorable, ne fléchit point et, tel le Créon de Sophocle, préfère sa cité à sa descendance. Mahomet, rongé par la haine, convainc alors le jeune Séide d'assassiner Zopire, son propre père: "L'amour, le fanatisme, aveuglent sa jeunesse; il sera furieux par excès de faiblesse." 

Derrière l'histoire, la satire. Voltaire désigne, avant tout autre, la vertu comme principal ressort du fanatisme. Sous sa plume, Mahomet apparaît comme un nouveau César, un stratège qui sait que l'Empire romain n'est plus, que la Perse est vaincue, que l'Inde est réduite en esclavage et l'Egypte abaissée, que Byzance ne luit plus... L'heure de l'Arabie est enfin arrivée: "Il faut un nouveau culte, il faut de nouveaux fers; il faut un nouveau dieu pour l'aveugle univers." Sa religion, Mahomet la voit donc comme une politique. Il ne croit pas aux dogmes qu'il impose au peuple, mais sait que ce dernier les épousera avec la fureur des fanatiques. Le Mahomet de Voltaire revendique le droit de berner le peuple pour peu que ce soit avec grandeur. Il sert un dieu qui s'appelle Intérêt et auquel Voltaire oppose l'Equité. Une charge contre l'islam, oui. Mais aussi contre toute forme d'impérialisme. La preuve que la littérature, lorsqu'elle est grande, ne vieillit jamais...

Revenons dans le contexte du XVIème siècle où le poids de la religion était implacable dans la vie quotidienne et sur la possibilité de penser librement.
Voltaire se voulait simplement TOLÉRANT. (la Tolérance étant le fait d'accepter les autres croyances, surtout après les effroyables Guerres de religion)

Il ne connaissait pas forcément bien l'islam et ce réquisitoire en apparence contre cette religion était surtout un réquisitoire contre la religion qu'il connaissait bien pour la vivre au quotidien, en France ...

Qu'en pensez-vous ?