 |
| La toute nouvelle Grande Mosquée de Strasbourg |
Le Conseil Constitutionnel a
tranché, ce vendredi 22 janvier : le régime concordataire spécifique à
l'Alsace-Moselle ne sera pas remis en cause. Mais l'islam n'est pas
encore intégré au Concordat, et l'Etat ne rémunère donc pas les imams en
Alsace-Moselle. En revanche le droit local permet à la municipalité de
Strasbourg de financer, à hauteur de 10%, les travaux de la Grande
Mosquée, inaugurée en 2012.
«
On enlève les chaussures ? » C’est la première question
qui surgit, dans la crainte respectueuse d’enfreindre les règles d’un
lieu méconnu. Une dizaine de visiteuses, toutes des femmes d’un âge
varié (entre vingt et soixante ans), se tournent vers Fouad Douai, l’un
des deux guides bénévoles en charge des visites guidées de la Grande
Mosquée de Strasbourg. Celui-ci les rassure, pas gêné le moins du monde.
Il faut dire qu’il est rodé : plus de 20 000 visiteurs ont été
enregistrés entre juillet 2011 et juillet 2012, alors que la mosquée
était encore en travaux.
« Depuis lors, l’affluence ne décroît pas, bien au contraire »,
assure cet homme affable, un fonctionnaire territorial dans le civil,
dévoué à la cause de sa mosquée, dont il gère la Société civile
immobilière (SCI).
 |
| Fouad Douai sur le minbar, et le groupe de visiteuses |
« Les Alsaciens non-musulmans ont manifesté une réelle soif de découverte », observe Olivier Bitz (PS), adjoint au maire de Strasbourg chargé des cultes.
« Mais
nous ne sommes pas surpris outre mesure. L’islam intrigue, éveille les
curiosités. Nous sommes heureux que cela s’exprime de cette façon, avec
l’envie d’approfondir des connaissances, concernant une religion qui
fait peur à une partie de la population. » L’édification de cette
mosquée, inaugurée en grande pompe le 27 septembre 2012, a pourtant été
une longue bataille, de plus de dix ans, marquée par des conflits entre
différentes associations musulmanes, des revirements politiques et des
polémiques au sein de la société civile.
« Vous pouvez prendre des chaises, on sera mieux pour discuter »,
suggère Fouad Douai, après avoir conduit le groupe face au minbar – la
chaire surélevée sur laquelle l’imam fait son prêche –, dans la salle de
prière, la plus grande de France avec ses 1300 m². Si les regards se
tournent avec une certaine admiration vers les belles mosaïques,
notamment lorsque le guide éclaire les valeurs symboliques des
arabesques, et si Colette Grosjean peut avec raison s’exclamer que
« l’on ressent quelque chose de très doux, de très accueillant entre ces quatre murs »,
l’intérêt va grandissant dès lors que sont évoquées des points de
spiritualité, des questions sur les rites et pratiques des croyants.
« Y
a-t-il une sourate qui parle des ablutions ? » « Mais chez vous, quand
survient la résurrection ? » « Pour un homme, n’y a-t-il aucun moyen
d’interrompre le ramadan ? Et à partir de quand un enfant est-il censé
faire le jeûne ? »
L'intégralité de l'article est
à lire ICI sur le blog du Monde
1453, la chute de Constantinople